Marseille : l’école publique n’est pas à vendre !

Des députés LREM des Bouches-du-Rhône contestent les modalités d’un partenariat public-privé engageant la ville de Marseille dans la démolition ou la rénovation d’écoles. Et appellent à revoir les priorités à fixer afin de garantir la sécurité, la santé et les meilleures conditions d’apprentissage des écoliers.

Paru dans Libération du 9 octobre 2018, par Alexandra Louis, Députée des Bouches-du-Rhône 3e Circonscription , Cathy Racon-Bouzon, Députée des Bouches-du-Rhône 5e Circonscription , Claire Pitollat, Députée des Bouches-du-Rhône 2e Circonscription et Saïd Ahamada, Député des Bouches-du-Rhône 7e Circonscription

Tribune. L’école publique, gratuite et laïque, est une promesse faite à tous les enfants de la République : une promesse d’égalité, de liberté et de fraternité. Nous, députés de la majorité, soutenons une politique éducative qui vise à l’égalité des chances, la justice sociale, permettant l’émancipation de chacun et la liberté qui en découle.

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Cela nous engage, et nous oblige vis-à-vis des citoyens à porter un regard responsable et objectif sur les projets de notre territoire en matière d’éducation.

L’état du patrimoine scolaire municipal de Marseille étant, de notoriété publique, alarmant, il est nécessaire d’agir rapidement, fortement et durablement.

Nous avons ainsi souhaité évaluer le «Plan école avenir» programmé par la Ville de Marseille pour démolir 28 écoles puis en reconstruire 34 sur les 444 écoles que compte la ville, engageant ainsi Marseille pour vingt-cinq ans dans un marché de partenariat à hauteur d’un milliard d’euros. Après avoir auditionné les services techniques de la ville, les différents acteurs du collectif Marseille contre les PPP et quelques experts indépendants, le Plan école avenir ne nous semble pas présenter toutes les garanties pour offrir aux jeunes marseillais des écoles rénovées en fonction de besoins prioritaires clairement identifiées ; pour assurer l’indépendance de la ville vis-à-vis d’un opérateur privé qui aurait un marché aussi élevé ; pour maintenir un niveau d’investissement annuel suffisant ; pour l’entretien de l’ensemble du parc scolaire municipal ou pour profiter à l’économie locale et au soutien de l’emploi sur notre territoire.

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Si nous prenons acte de la situation financière de la ville qui a poussé la majorité en place à privilégier un marché de partenariat avec un opérateur privé plutôt que d’opter pour une procédure en Maîtrise d’ouvrage publique (MOP), nous regrettons que le plan massif de rénovation dont les écoles marseillaises ont urgemment besoin soit entériné sous la pression du manque de temps, du manque de moyens et du manque de compétences. Nous ne saurions accepter silencieusement que les habitants en paient les conséquences, d’une ville endettée, à long terme, aux mains d’opérateurs privés.

En conséquence de quoi, nous demandons à la ville de nous faire suivre au plus vite un état des lieux préalable et exhaustif de l’ensemble du parc scolaire, réalisé en dehors du cadre du marché de partenariat, afin de déterminer les écoles qui doivent être rénovées en priorité.

Dans le même sens, nous demandons à l’Etat, garant des conditions de travail et de sécurité de ses enseignants et des écoliers, d’apporter son concours à l’élaboration du diagnostic et des priorités d’intervention.

Nous proposons ci-dessous, les actions prioritaires et pour lesquelles nous sommes déterminés à apporter notre appui. La ville, en partenariat avec l’Etat et les acteurs concernés, doit mener des négociations notamment pour : lancer, suivant l’état des lieux, les travaux les plus urgents selon la procédure MOP en s’appuyant sur les compétences locales prêtes à se mobiliser pour garantir l’intérêt public ; revoir le programme de rénovation, de construction, d’extension, d’agrandissement ou d’entretien de toutes les écoles de Marseille sur la base des priorités et des besoins identifiées par l’étude ; nous souhaitons nous assurer que la meilleure solution technique, calendaire et financière sera trouvée pour chaque école sans préjuger de la procédure qui sera retenue au final et de laisser au prochain maire le pouvoir d’engager la ville dans ce vaste chantier de sauvetage de ses écoles. renforcer l’organisation des services techniques municipaux pour donner les moyens à la collectivité d’absorber la gestion de travaux en procédure MOP et limiter le marché de partenariat au maximum si toutefois il fallait y recourir.

Ainsi, nous demandons à la ville de Marseille de suspendre la procédure de marché de partenariat et de fournir aux Marseillais un diagnostic précis de l’état des écoles qui viendra à l’appui d’un programme à revoir et des priorités à fixer afin de garantir la sécurité, la santé et les meilleures conditions d’apprentissage des écoliers, partout dans notre ville.

Alexandra Louis Députée des Bouches-du-Rhône 3e Circonscription , Cathy Racon-Bouzon Députée des Bouches-du-Rhône 5e Circonscription , Claire Pitollat Députée des Bouches-du-Rhône 2e Circonscription , Saïd Ahamada Député des Bouches-du-Rhône 7e Circonscription

By |2018-10-17T13:56:05+00:009 octobre 2018|Libération, Presse|