Les écoles de Marseille dans le top 10 des partenariats publics privé

Avec plus d’un milliard d’euros, le contrat de construction de 34 écoles à Marseille est l’un des plus gros partenariats publics privé (PPP) signés en France.

Le partenariat public privé (PPP) mis en œuvre par la ville de Marseille pour la reconstruction de 42 écoles figure parmi les plus gros signés en France. Ce système introduit en France au milieu des années 2000 permet à l’État ou à une entité publique de réaliser rapidement de gros chantiers tout en en étalant le coût sur de nombreuses années.

Construction contre loyers

Avec le PPP, c’est une entreprise privée qui construit l’équipement et l’entretien, s’occupe parfois aussi de sa gestion. L’État ou la collectivité paye le service alors fourni sous forme de loyer durant une longue période et récupère la propriété du bien à l’issue du contrat.

La pratique se retrouve toutefois de plus en plus contestée. En 2014, un rapport sénatorial s’inquiétait de l’impact croissant de ces opérations sur les budgets publics. Une critique reprise fin 2017 par la Cour des comptes dans une étude consacrée aux PPP lancés par le ministère de la justice.

Un record à plus de 4 milliards

Le plus gros PPP signé en France est celui de la construction et de l’entretien du nouveau ministère de la défense, dans le XVe arrondissement de Paris.

Inauguré en 2015, il va nécessiter le paiement par de 154 millions d’euros par an durant 30 ans. Soit près de 4,5 milliards d’euros pour le consortium rassemblé autour du groupe Bouygues choisi en 2011 pour réaliser le projet.

Les LGV

À côté du contrat record du « Pentagone à la française », d’autres grands chantiers ont donné lieu à des PPP se comptant en milliards d’euros, notamment pour réaliser de grandes infrastructures.

Le système du PPP a été utilisé pour la construction des dernières lignes à grande vitesse. Les nouvelles liaisons vers Bordeaux et vers la Bretagne ont ainsi été réalisées par les groupes Eiffage et Vinci. À chaque fois, les contrats ont tourné entre 3 et 4 milliards d’euros.

De même, contournement ferroviaire Nîmes Montpellier ouvert fin 2017 a lui aussi donné lieu à un PPP signé avec le groupe Bouygues.

La justice friande de PPP

Le ministère de la justice s’est également longtemps reposé sur les PPP afin de faire aboutir au plus vite ses plus grands chantiers.

Le tout nouveau tribunal de grande instance de Paris, installé dans le Nord de la capitale, est ainsi le fruit d’un PPP signé avec Bouygues. Pour un montant total de 2,3 milliards d’euros, incluant l’entretien du bâtiment jusqu’en 2044.

La justice a également eu recours aux PPP pour la construction et la rénovation de prisons, pour un montant avoisinant au total le milliard d’euros.

Le flop de l’écotaxe

Certains PPP ne voient jamais le jour. Ce fut le cas pour la mise en œuvre et la gestion de l’écotaxe, qui devait permettre de faire payer les poids lourds utilisant les routes françaises.

La fronde des « bonnets rouges » ayant conduit à l’annulation du projet, le marché de plus de 2 milliards d’euros remporté par un consortium mené par une entreprise italienne est tombé à l’eau. Conduisant l’État à payer près de 800 millions d’euros de dédommagement.

Les collectivités aussi

À côté de l’État et de la SNCF, les collectivités locales aussi ont souvent fait appel aux PPP pour leurs grands projets. Plusieurs stades ont été bâtis avec ce modèle de financement, à Lille, Bordeaux, Nice ou Marseille.

By | 2018-06-27T13:34:58+00:00 22 juin 2018|La Croix, Presse|